2.1. Jeux et détours de la Bella Maniera

L’origine du mot « maniérisme » est forgé d’après Giorgio Vasari, peintre qui vécut de 1511 à 1574, et qu’on considère comme le père de l’histoire de l’art. Dans ses Vies d’artistes (1550), il distingue deux styles (maniera) différents : « l’ancien style », maniera vecchia, qui caractérise les artistes de la pleine Renaissance, comme Léonard de Vinci ; et le style moderne, maniera moderna, qui est celle des artistes de son temps. Il ne fait pas de doute, pour lui, que la bella maniera est la maniera moderna, dont il fut l’un des promoteurs. Le terme de maniérisme proprement dit est plus tardif : il voit le jour en 1792, sous la plume de Luigi Lanzi dans sa Storia pittoria della Italia.
Les maîtres trop brillants ont formé des disciples qui n’espèrent même pas les égaler. La mélancolie incurable de ces malheureux élèves apparaît par exemple dans le Journal de Pontormo.
Né sous le signe de la rébellion, le maniérisme va s’institutionnaliser vers les années 1540 : à cette date, et jusqu’à la fin du siècle, la maniera grande règne souverainement sur les cours européennes, envahissant tous les aspects du monde artistique : la peinture et l’architecture, mais aussi la musique (sous la forme en particulier de la polyphonie) ou les arts dits mineurs comme le mobilier ou la décoration ; les comportements sociaux aussi sont influencés par ce courant : c’est le temps où s’imposent les belles manières

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