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1.1.1. Harmonices mundi

Les Renaissants aiment à considérer l’univers comme harmonieux et ordonné : « Une divinité / Police de ses lois cette ronde cité », écrit ainsi Du Bartas dans La Semaine (1581). Chaque créature y a sa place sous le regard de Dieu. Cette théorie était soutenue par des conceptions tenues pour scientifiques.

 La musique des sphères

Les Renaissants reprennent à leur compte une idée de Pythagore (-580 -495), à qui l’on attribue la découverte d’une relation mathématique entre les sons de la gamme et la longueur des cordes de la lyre. De cette observation, les Anciens avaient conclu que le ballet des corps célestes, également soumis aux lois mathématiques, résonnaient d’une mélodie harmonieuse et parfaite. Les distances entre les planètes, d’après cette théorie, correspondent en effet à des intervalles de type musicaux. On retrouve encore cette thèse chez Kepler, auteur en 1610 des Harmonices mundi, ou encore dans l’illustration ci-dessous, plus tardive, qui représente l’harmonie musicale du monde selon Athanase Kircher.

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Athanase Kircher, Harmonia nascentis mundi (1650)

 Le microcosme et le macrocosme

« Quelle est cette poussière dont l’homme a été formé ? Elle est le limon de la terre, c’est-à-dire le grand monde... De la quintessence que l’Écriture appelle le limon de la terre, ce même Dieu, après avoir créé le grand monde, a formé le petit monde. L’homme est ce petit monde qui contient toutes les qualités du grand monde. C’est pourquoi on l’appelle un microcosme. L’homme est la quintessence du firmament et des éléments, du ciel et de la terre... La conception offre l’exemple de ce concours entre les forces extérieures et les forces intérieures. Les astres du macrocosme et ceux du microcosme forment entre eux des combinaisons qui engendrent une action spécifique au moment de la conception... » (Paracelse (1493-1541), Philosophia Sagax, 1571).

L’idée que le monde et l’homme sont en étroite correspondance remonte à Pythagore et au Timée de Platon, et connaît une fortune immense au XVIe siècle : le monde est conçu comme un organisme vivant, doué d’une puissance génésique inépuisable. L’homme, au centre de cette Création harmonieuse, est un petit monde organisé sur le modèle du grand : ses yeux sont le Soleil. L’influence des astres sur le cours de la vie s’explique par ces relations privilégiées entre l’homme et un univers à sa mesure, qui lui ressemble, qui lui convient.

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Microcosme et macrocosme

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