3.2. Chatoiement du verbe

Dans son emploi savant, le baroque [1], est ainsi une notion d’abord artistique. Utilisé de longue date par les spécialistes des arts plastiques, ce concept de l’histoire de l’art était à peu près ignoré par les littéraires jusqu’à ce que Jean Rousset et quelques autres décident d’en proposer la transposition au champ de la littérature vers le milieu du XXe siècle.

Jean Rousset, au cours d’un voyage à Rome, a été émerveillé par sa rencontre avec la splendeur du baroque romain, triomphal et conquérant. Il a cru discerner, dans cette esthétique le moyen de réévaluer une littérature mal-aimée et qui lui tenait à cœur, celle des années 1580-1640, dont les histoires littéraires ne savaient que faire, et qu’elles rangeaient le plus souvent selon des catégories peu satisfaisantes (attardés, irréguliers, pré-classiques). Jean Rousset s’est demandé si la notion de baroque, intelligemment reprise du monde des beaux-arts et appliquée à la littérature, ne pouvait servir à manifester l’unité, la cohérence et la qualité d’une production selon lui injustement décriée.

Notes

[1comme le maniérisme avec lequel il a partie liée, et malgré le silence de Jean Rousset sur cette catégorie

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