1.3. Certitudes effondrées

L’âge maniériste et baroque est celui de la remise en cause des évidences :

  • « Le soleil tourne autour de la terre »
  • « La terre est au centre du monde »
  • « Dieu a mis l’homme au centre de la Création »

Ces phrases, qui étaient le socle des certitudes les plus indéracinables, on ne peut plus les prononcer désormais. Mais on n’a rien à mettre à leur place, le nouveau système scientifique (celui sur lequel on vit encore largement aujourd’hui), n’existe pas encore. L’âge maniériste et baroque sera cet entre-deux, caractérisé par le doute et l’incertitude : il constitue ce temps, si semblable au nôtre à bien des égards, où un monde se meurt et disparaît, alors qu’un autre n’est pas encore apparu, avant que Descartes, à partir de 1637 (Discours de la méthode), jette les bases d’une refondation du savoir qui innervera la modernité et la science moderne. L’art et la littérature maniériste et baroque se déploient donc dans l’espace ouvert par la crise des savoirs et des mentalités, entre les ruines du passé et un avenir qui reste à construire. Il correspond, dans l’histoire des idées et de la sensibilité, à une parenthèse.

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